Le responsable de la RADDHO (Rencontre Africaine de Défense des Droits de l’Homme) a été l’invité de BBC matin, le Vendredi 17 Aout 2012.

Au micro de Nathalie Wakam, tire à boulets rouges sur le pouvoir d’Abidjan

ALIOUNE TINE, TIRE SUR OUATTARA

AT : Il y a une intensification des attaques et c’est extrêmement inquiétant pour la sécurité pour la paix et la réconciliation nationale qu’on sent de plus en plus fragiles, de plus en plus menacées en Côte d’Ivoire. Le moment est venu de se ressaisir et d’attaquer les questions prioritaires de front. La question de la réconciliation nationale est une grave question. Il y a la commission paix, vérité et réconciliation qui depuis qu’elle a été mise en place en Côte d’Ivoire franchement n’a pas encore fait le travail qu’on attend.

 

NW : Vous disiez notamment que jusqu’à présent elle n’a pris que des actions symboliques. Que doit-on attendre de cette commission vérité et réconciliation ?

 

AT : Ecoutez, la commission vérité et réconciliation doit travailler à réunir l’ensemble des acteurs dont les convergences avaient amené le conflit armé. L’ensemble des communautés à discuter effectivement pour voir aujourd’hui quelle est la république ivoirienne qu’on doit mettre en place. Je crois que vraiment on avait besoin d’un grand débat national en Cote d’Ivoire après le conflit et surtout par la manière dont on a résolu le conflit en Cote d’Ivoire. On avait besoin de cela beaucoup plus que d’autres choses.

 

NW : Pensez-vous que la politique du gouvernement actuel a totalement échoué ?

 

AT : Il est évident que si on a l’impression que c’est une justice des vainqueurs contre les vaincus et de ce point de vue effectivement cette impression est de plus en plus nette dans l’esprit de la plupart des organisations de droits de l’homme que nous sommes. Donc tout cela n’est pas bon pour la réconciliation nationale. Il semble même avant cela, la question de la consolidation de la paix et de la réconciliation passait avant, si vous voulez de traquer les présumés assassins etc. Je pense qu’aujourd’hui il faut qu’on rattrape les choses. Qu’on crée une république, qu’on mette en place des citoyens et que ça ne soit pas une communauté qui essaie d’exercer son hégémonie sur une autre. Et cette impression aussi est de plus en plus partagée en Côte d’Ivoire et ailleurs. Je pense qu’on a besoin de beaucoup plus d’équilibre, dialoguer parce qu’aussi attaquer par les armes, revenir par les armes n’est pas une solution.

 

NW : Alioune Tine le plus gros problème de la Côte d’Ivoire aujourd’hui semble être le fait qu’il y a beaucoup d’armes encore en circulation.

AT : Vous avez absolument raison. Le problème qu’on a eu toujours avec la démobilisation, désarmement et la réinsertion sociale ça été très, très laborieux. Le désarmement n’a pratiquement jamais eu lieu. En plus de ça, après la guerre, à l’approche de la guerre et des élections il y a beaucoup d’armes qui ont circulé, il y a beaucoup d’armes qui sont partis et qui font aujourd’hui effectivement de la Côte d’Ivoire une véritable poudrière non pas (seulement) de la Côte d’Ivoire mais de la sous-région. Maintenant avec ce qui s’est passé en Libye qui a eu son impact au Mali, il faut vraiment avoir peur de faire de toute la sous-région aujourd’hui une poudrière.

 

NW : Tout à l’heure vous avez parlé du travail de la commission vérité et réconciliation et le gouvernement aujourd’hui, quel est le discours qu’il peut tenir ou alors qu’est ce qu’il peut faire pour sécuriser un peu plus la Côte d’Ivoire ?

 

AT : Moi je pense qu’il est temps que le Président prenne des initiatives et convoque des assises auxquelles participent un certain nombre d’experts de la sous-région pour qu’on examine la situation actuelle. Qu’on essaie de discuter comment on peut trouver les solutions durables.

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/nos_emissions/2012/08/120817_linvite_aliounetine.shtml

 

 

 

 

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